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08.05.2008
POURQUOI J'AI MANGE MON PERE – ROY LEWIS
Edouard est un pithécanthrope. Il vit en Afrique et dirige sa horde avec poigne. Edouard est aussi un savant fou. Il aime à découvrir, rechercher, trouver, imaginer des procédés nouveaux, innovants. Son but ? Faire évoluer l’espèce. Passer du singe à l’homme, en somme.
Ah, mes amis, quel bonheur que cette lecture ! D’abord, il y un humour savoureux. Tour à tour burlesque, loufoque, féroce, le ton réjouissant et les dialogues parfois totalement déjantés accompagnent des situations qui, sous des abords cocasses, forment une esquisse perspicace sur la façon de l’homme a su et voulu évoluer. Et continuera à le vouloir.
Puis, au-delà de la farce décalée que propose Roy Lewis, il y a aussi et surtout un excellent portrait de l’Homo Erectus, en route pour devenir l’Homo Sapiens.
Edouard incarne le progrès, le désir de l’homme de s’élever, de s’extraire de sa condition pour aller sans cesse de l’avant. Humaniste visionnaire, il exhorte sa horde à se défaire de ses habitudes ancestrales pour quitter sa condition encore trop simiesque, nonobstant les danger encourus.
L’oncle Vania est l’écolo réactionnaire de la bande. Totalement réfractaire au progrès, il prône le retour à la nature (« Back to the trees ! ») et s’enflamme dans des discours totalement rétrogrades en dénigrant les inventions d’Edouard (ce qui ne l’empêche pas de savourer les cotes d’éléphant rôties une fois que son frère a réussi à faire du feu et inventé la cuisson des aliments). Réfractaire, donc, mais… humain, lui aussi, fichtrement humain.
Ernest, le penseur-intello (et narrateur de l’histoire), Tobie, Oswald, Alex, chacun des enfants d’Edouard va incarner des modes de pensée et d’évolution, largement encouragés par leur père : philosophie, art figuratif, élevage,...
Les femmes, elles, loin de se complaire dans leur rôle de compagne d’homme des cavernes, sont peut-être celles qui gouvernent en douce, se jouant des hommes et les manipulant, qui pour obtenir une caverne plus grande, plus confortable, qui pour séduire, qui pour jacasser, bavarder…
Au-delà de la farce, donc, voici un roman métaphorique sur l’Homme, son rapport aux progrès scientifiques, sociaux, artistiques, politiques. Des questions sur la science et son utilisation, le partage des ressources, la cohabitation avec des espèces différentes, et un constat : pour évoluer, s’affranchir, il faut bien finir par « tuer le père ». Est-ce le prix à payer ?
Un roman à lire, à savourer, déguster, parce que c'est un régal !
Elles l'ont lu : Cuné, Papillon, Kali, Majinissa
06:56 Publié dans *Litterature Anglo-saxonne* | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
Commentaires
AH ! Back to the trees !
J'ai adoré ce livre. Je me suis régalée, à tel point que je n'arrête pas de l'offrir depuis :)
Écrit par : Magali | 08.05.2008
Répondre à ce commentaireC'est vrai que cette histoire est savoureuse :)
Je crois qu'une pièce adaptée du roman tourne actuellement à Paris, je serais curieuse de voir le résultat!
Écrit par : Stéphanie | 08.05.2008
Répondre à ce commentaireJe l'ai aussi lu il y a bin longtemps et j'en garde aussi un très bon souvenir, je l'ai souvent offert (et d'ailleurs de relire une critique me donne à nouveau envie de l'offrir!!)
Écrit par : enna | 08.05.2008
Répondre à ce commentaireContente que tu aies bien aimé. J'avais adoré ma lecture et beaucoup ri ... enfin gloussé car je lisais ce livre dans le métro et que je retenais mes éclats de rire :)
Écrit par : Carine | 08.05.2008
Répondre à ce commentaireJe l'ai noté il y a un moment mais "en pâle"! Je pense que ton billet vient de me décider définitivement! Je suis dûe pour rire!
Écrit par : Karine | 08.05.2008
Répondre à ce commentaireLu il y a longtemps et beaucoup aimé. Mais je le relirais bien....
Écrit par : cathe | 08.05.2008
Répondre à ce commentaireJe plussoie... un truc excellent - Actes Sud/Babel propose-t-il cependant une nouvelle traduction?
Par ailleurs, vu une adaptation théâtrale par une petite troupe régionale suisse qui va jouer dans les maisons. Ils balançaient des bouts de viande cuite dans le public...
Écrit par : Daniel Fattore | 09.05.2008
Répondre à ce commentaireJe l'avais pris et reposé, pas vraiment attirée par la couverture (qui n'était pas celle-ci), comme quoi il faut suivre son premier instinct et ne pas se laisser distraire par autre chose...
Bon week-end Amanda !
Écrit par : Florinette | 09.05.2008
Répondre à ce commentaireJ'avais adoré! Et dire que je l'avais lu pour un cours d'anthropolgie!!
Écrit par : chiffonnette | 09.05.2008
Répondre à ce commentaireje garde un bon souvenir de l'oncle qui raconte son tour du monde, un livre que je relirai avec plaisir.
Écrit par : pom' | 10.05.2008
Répondre à ce commentaireJ'avais bien aimé ce livre très drôle tout en faisant réfléchir. C'est un livre tout public, qui peut plaire aux ados comme aux anciens.
Écrit par : sylire | 12.05.2008
Répondre à ce commentairej'avais adoré ce livre. Lecture jubilatoire! on rit beaucoup! et on se sent plus intelligent après, super!
Écrit par : sylvie | 17.05.2008
Répondre à ce commentaireJe crois qu'à la première lecture, je n'ai pas tout saisi le second degré du livre.
Écrit par : castor | 19.05.2008
Répondre à ce commentaireAdoré aussi! Il semble faire l'unanimité ce livre! :)
Écrit par : Lucile | 21.05.2008
Répondre à ce commentairece livre est trés intéréssant il nous met facilement dans la peau du personnage et on s'identifie bien à lui! Il nous informe sur la vie qu'auraient pu avoir les hommes préhistorique.
Écrit par : justine | 23.05.2008
Répondre à ce commentaire@Amanda: si c'est celle de Vercors, alors c'est bien la même. J'avais trouvé la mise en scène plus forte encore, dynamisme théâtral oblige - mais le livre reste excellent, bourré de bonnes idées.
Écrit par : Daniel Fattore | 25.05.2008
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Écrit par : Françoise | 08.05.2008
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