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10.03.2008
BORD DE MER – VERONIQUE OLMI
Une femme, une mère, emmène ses enfants au bord de mer. Ses maigres économies ont fondu pour leur offrir ce voyage, cette escapade hors de leur grisaille quotidienne. Tous trois prennent le car vers la mer que les enfants ne connaissent pas.
Comment parler de ce livre ? Je ne suis pas sûre d’être à la hauteur de ce bijou d’émotions, de sensations.
Le style est extrêmement simple, aussi simple que le langage de cette femme, et pourtant, à cette lecture, on a la tête qui résonne, le cœur qui se froisse, les mains deviennent moites ; on reprend son souffle, on y retourne en suffocant, en se débattant contre la certitude insidieuse et pourtant évidente de savoir comment tout ça va se terminer. On devine à quelle extrémité cette femme déboussolée, à la dérive, se croit contrainte.
C’est court, c’est sombre, c’est angoissant… l’atmosphère est d’une tristesse palpable, on la touche du doigt, on s’y enfonce, on plonge dans cette détresse humaine qui vous enveloppe comme un brouillard opaque et humide. Et pourtant on ne se défend pas, on se laisse engloutir, envelopper, happer. Le dernier voyage d’une famille qui survit à la solitude, tant bien que mal portée par l'amour d’une femme dévastée, aidée par ses deux enfants trop tôt mûris, trop tôt grandis et pourtant si avides d’être encore des enfants.
Et ce cadeau qu’elle veut leur offrir lui aussi s’englue dans le sordide : un hôtel miteux, une mer déchaînée et maussade, une pluie battante qui hurle aux tempes de cette femme prisonnière de sa misère, de sa folie, de sa détresse.
Voilà ce que j’aime, dans la littérature : la capacité d’un auteur à nous transposer dans une autre dimension, où jamais nous n’irions sans elle. Je me suis sentie Elle. Je l’ai comprise. Je l’ai soutenue et avais envie de lui dire, à la fin « c’est bon, tu peux lâcher l’oreiller, c’est fait, arrête, tu vas avoir mal au bras ». Ensuite je l’aurais prise dans mes bras et lui aurais dit « Chut, tout va bien, ça va aller, ne t’inquiète pas, ils vont se retrouver »…Lily, je suis à genoux. Merci.
05:16 Publié dans Litterature Française | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
Commentaires
Cà fait un bon moment que j'ai envie de lire cet auteur, apparemment çà vaut le coup, mais j'attendrai un peu, j'ai besoin de plus léger entre deux.
Ecrit par : Françoise | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireEffectivement, tu ne lis vraiment pas du léger en ce moment
Mais je ne peux que noter à la lecture de ton billet
Ecrit par : Stéphanie | 10.03.2008
Répondre à ce commentairec'est vrai qu'en ce moment, tes lectures n'ont pas l'air très gaies. Mais ça encourage à avoir envie de le lire.
Ecrit par : Emeraude | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireQuand j'pense qu'hier j'me suis relu quelques anciens Gaston Lagaffe, pour rigoler. Ca calme ta chronique.
Ecrit par : LVE | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireTon billet est magnifique, je note précieusement ce titre.
Ecrit par : bladelor | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireOh quel livre ! Je rejoins Cathulu et Anne pour frémir rien qu'y repenser !
J'avais mes larmes qui coulaient toutes seules, c'était horrible ! Mais vraiment un livre superbe, très fort, renversant, un rouleau compresseur !!!!!
Ecrit par : Clarabel | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireça y est tu m'as convaincue de tester cet auteur au plus vite et si possible avec celui-là. Merci!!!
Ecrit par : goelen | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireJe le note aussi! Et je voulais te le dire récemment à propos d'un autre de tes billets mais ça marche aussi pour celui-l)à (et bien d'autres) : tu parles de ces livres d'une façon magnifique! :)
Ecrit par : Lucile | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireJe note aussi... Pour un jour de moral solide, parce que sinon, je sens que ça ne va pas s'arranger !! (toujours prévoir un paquet de nounours guimauve à proximité dans ces cas-là...)
Ecrit par : Tamara | 10.03.2008
Répondre à ce commentaire"Bord de mer" est un livre traumatisant et j'en garde un souvenir indélébile !!
Ecrit par : florinette | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireSi je comprends bien, c'est pas vraiment la "mère" qu'on voit danser le long des golfes clairs... Mais tu sais donner envie, noté! 'reusement qu'on va rigoler un bon coup au théâtre, ceci dit! ;)
Ecrit par : Kiki | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireNon je n'avais pas de blog à l'époque !
Merci Amanda !
Ecrit par : Florinette | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireLa façon dont tu en parles donne envie de le découvrir (la capacité d'un auteur de nous transposer...quelle belle phrase!). J'ai lu cette année "La pluie ne change rien au désir" que j'ai aimé (certains le trouvent un peu trop "hard"), j'y ai trouvé beaucoup de délicatesse.
Ecrit par : Lune de pluie | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireL'infanticide altruiste... bof bof pour la lecture du soir... Je passe mon tour.
Ecrit par : Fantômette | 10.03.2008
Répondre à ce commentairej avais les larmes aux yeux en le lisant mais je ne pouvais pas m arreter,je revoie encore cette mère compter ses pièces ouh! cela me donne des frissons.
Ecrit par : grazi | 10.03.2008
Répondre à ce commentaireAh je suis contente, Amanda, il fallait vraiment que tu rencontres Véronique Olmi.
Ton billet est merveilleux
Ecrit par : lily | 11.03.2008
Répondre à ce commentaireJ'aime beaucoup ton billet, qui me donne franchement envie de lire ce livre! Je le note pour une période où je me sentirai plus disponible à être touchée (et surtout moins fatiguée). tu parles de ce livre de façon magnifique!
Ecrit par : Karine | 11.03.2008
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Ecrit par : cathulu | 10.03.2008
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