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01.03.2008

Ô VERLAINE – JEAN TEULE

1104010214.jpgJ’ai lu « Je, François Villon » l’été dernier, aussi me suis-je attelée à un autre ouvrage de Jean Teulé, parlant, lui aussi, d’un poète, pour le club de lecture.

Verlaine est probablement d’un des plus grands poètes. Oui, j’entends déjà les cris et les protestations, Verlaine n’est pas le seul. Il y en a d’autres. Mais j’avoue que j’aime ses écrits. Comme j’aime ceux de Villon.

Ô Verlaine nous emmène dans le Paris de 1885. Fin de vie pour Verlaine, l’absinthe est en train de ronger son foie, son corps est putréfié par la syphilis, ses poumons sont délabrés. Sa vie ? Oh sa vie n’est plus qu’une succession de nuits immergées dans l’alcool, dans le sexe et la débauche. C’est à travers les yeux de Henri-Albert Cornuty, petit provincial venu à Paris pour rencontrer son idole, que nous suivons Verlaine dans sa lente déchéance.

Jean Teulé le dit lui-même, ses biographies de Villon comme de Verlaine sont des fictions.

On y retrouve ceci dit et curieusement les mêmes éléments : un poète dévoyé, un Paris ravagé, le Paris des petites rues, des étudiants, des sans le sou.  Des prostituées, vendues par leur mari (La grosse Margot, chez Villon ou Esther chez Verlaine) ; les mères de poètes tuées, reniées par leurs propres fils (la mère de Villon mangée en pâté, celle de Verlaine tuée). Des illustrations au gré des chapitres, et des poèmes, semés ça et là comment autant de rappels sur ce que furent avant tout ces deux là : de Grands Poètes.

Jean Teulé raconte la même violence, la même rage de se détruire, la même morve chez ces poètes peu soucieux de survivre, leur même soif de création et le même désespoir finalement. Une chose est sûre : il décrit ces deux là de façon plus que dévoyée. Débauche, luxure, amoralité…j’avoue avoir été plus touchée par Villon, au final plus humain (parce que plus jeune sans doute) que par Verlaine.

J’avoue avoir été un peu perturbée par cette ressemblance entre les deux romans. J’attendais une fiction différente, un bâti séparé. La redondance m’a étonnée.

C’est une vision qu’il propose, et cette vision est la même. J’aurais préféré une approche différente, mais je reste emballée par le personnage commun à ces deux romans : Paris. Paris la dévoyée, Paris l’écorchée vive, Paris la sublime.

 

Sur Je, François Villon, les avis de Thom, BladelorCathe, Katell, Caro[line], Grominou, Papillon, Jules, Joëlle, Kalistina, Karine, Malice, Sylire, et sans doute d'autres encore....

 

Sur Ô Verlaine, les avis de Thom, Rats de Biblio, Fanyoun,

09:18 Publié dans *Litterature Française* | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | |  Facebook

Commentaires

J'avais envie de lire le "Verlaine" mais je vais attendre si tu dis que ça se ressemble beaucoup comme construction et ambiance, car j'ai vraiment beaucoup aimé le "Villon" !

Écrit par : cathe | 01.03.2008

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Tout comme Cathe, je remettrai à plus tard ma lecture sur Verlaine. Merci pour ce billet qui permet d'avoir un avis sur un autre livre de Teulé.

Écrit par : Sylire | 01.03.2008

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Teulé me tente, mais Villon un peu moins... Verlaine peut-être davantage...

Écrit par : Aelys | 01.03.2008

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Et bien je compte aussi le lire ce livre,on va me le passer dans les jours qui viennent ! Mais à la lecture de ton billet cela me refroidit, en même temps c'est toujours instructif et intéressant de voir comment un auteur contemporain s'empare de l'univers d'un poète qu'il admire !

Écrit par : Malice | 01.03.2008

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C'est vrai que son Paris sale et écoeurant envoute malgré tout. Et je suis d'accord, Verlaine, c'est vraiment bien !!!

Écrit par : praline | 01.03.2008

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Bon, et bien au vu de ce que tu dis, je passerai mon tour pour celui-ci.

Écrit par : bladelor | 01.03.2008

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J'attendrais un peu avant de le lire, car j'ai eu ma dose d'atrocité avec Villon, mais au-delà de ça, j'ai beaucoup apprécié la plume de l'auteur !!

Écrit par : Florinette | 01.03.2008

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C'est vrai que moi aussi j'ai bien aimé toutes les descriptions de ce paris du Moyen-age, qu'on a quand même beaucoup de mal à imaginer aujourd'hui. D'ailleurs ce n'est peut-être pas un hasard si son bannissement de paris coincide avec son silence de poète.

Écrit par : Papillon | 01.03.2008

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pour un Verlaine moins urbain, tu as aussi le "Verlaine d'ardoise et de pluie" de Guy Goffette...

Écrit par : rose | 01.03.2008

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Si ça ressemble, je crois que je vais attendre un peu pour lire cette biographie... car même si j'ai bien aimé "Je, François Villon, j'ai eu ma dose d'horreurs pour un petit bout de temps!!! Dommage que ce soit dans le même ton...

Écrit par : Karine | 01.03.2008

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Ta comparaison entre les deux romans est très intéressante... et me confirme dans mon idée que cet auteur n'est pas pour moi!!

Écrit par : Grominou | 01.03.2008

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je commence à me poser des questions sur l'auteur... A-t-il une violence refoulée au fond de lui?

Écrit par : Jules | 01.03.2008

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@ tous : il est vrai que la vision de Teulé des poètes semble particulièrement noire et violente. Mais ne dit on pas que les poètes sont (ou étaient) des écorchés vifs ? Une chose est sûre, c'est qu'il semble les situer dans une même personnalité faite de sensibilité et d'acharnement dans l'autodestruction...
@praline : comme toi j'ai aimé voir Paris à travers les deux romans
@jules : a-t-il une violence refoulée ? Je ne sais.. "Le magasi des suicides" était tout de même un ode à la joie de vivre, malgrè son titre et l'histoire
@grominou : bienvenue, je crois !

Écrit par : amanda | 01.03.2008

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Ta critique ne me rassure pas :S J'ai acheté Verlaine (parce que ça m'intéresse) en même temps que Villon (pour le club) et j'ai dû abandonner le second, écoeurée par la violence érigée en "banalité" propre à une époque. Alors, là je regarde mon Verlaine bizarrement :S
M'enfin, j'ai bcp d'autres livres dans ma PAL dont je laisserai de l'eau couler sous les ponts avant de m'y attaquer :)

Écrit par : Flo | 01.03.2008

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Ton billet ne me donne pas envie de lire Verlaine. Je crois que je vais laisser cet auteur de côté.
En tout cas, je suis ravie de découvrir ton blog !

Écrit par : patacaisse | 02.03.2008

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merci patacaisse!

Écrit par : amanda | 02.03.2008

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Teulé a l'air d'être un auteur intéressant mais ce n'est pas mon état d'esprit du moment! Je laisse pour l'instant!

Écrit par : Lucile | 03.03.2008

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J'avoue pour ma part que je n'aime pas trop quand les biographies sont traitées comme des fictions... j'ai le souci de la vérité historique... ce qui n'empêche pas de la raconter avec un grand talent de narrateur... mais pourquoi broder autour d'un personnage réel alors que sa vie est déjà un sacré roman en soi? je ne suis pas sûre de trouver l'exercice suffisamment intéressant. ;-)

Écrit par : Magda | 03.03.2008

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@lucile : essaye le Magasin des suicides, malgrè le titre c'est bien plus gai !
@magda : je suis assez d'accord avec toi, les bio trop romancées me font hurler (je me souviens d'une bio de Marie-Antoinette particulièrement mielleuse, ou encore d'une histoire des rois de france et de leurs histoires d'amour : à hurler de rire...) Mais là, c'est plus la redondance qui m'a énervée, alors que j'avais apprécié Je FV..

Écrit par : amanda | 03.03.2008

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Une fois de plus, je suis confortée dans ma résolution de ne pas relire TEULE suite à ma lecture de Darling !

Écrit par : anjelica | 04.03.2008

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@anjelica : essaye le magasin des suicides, c'est plus gai!

Écrit par : amanda | 04.03.2008

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Ne soyez pas si durs avec le sieur Teulé.. J'ai lu Le magasin des suicides, et Les lois de la gravité. Vous changerez d'avis sur l'auteur, surtout avec le second. Un huis clos entre une femme qui vient avouer le meurtre de son mari et un policier qui voudrait bien classer l'affaire. Je l'ai lu il y a presque un an : http://www.listesratures.fr/archive/2007/05/03/les-lois-de-la-gravite.html

Je n'ai pas encore eu le loisir (le temps) de lire Ô Verlaine, mais il est là, en haut du rayonnage, il me regarde, me fait les yeux doux, mais non, je ne cède pas encore, il y en a tellement d'autres avant..

Bonne journée,

Absolu

Écrit par : absolu | 06.04.2008

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