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25.02.2008

QUAND LES BROCHETS FONT COURIR LES CARPES – JEAN-LOUIS DEBRE

dcf558407b9bc400261984d6fd6c554d.jpg« Dans les jardins du Palais-Royal, une jeune femme oublie un document sur une chaise. Le narrateur l'aurait bien suivie pour le lui remettre, trouvant là un prétexte idéal pour entamer la conversation : Mais un homme s'en empare et disparaît. Rien d'extraordinaire sauf que, quelques jours plus tard, la mystérieuse inconnue entre au gouvernement et fait parler d'elle… »

Jean-Louis Debré écrit ici son deuxième roman après « Les pièges » paru en 1998.

L’intrigue se passe dans les couloirs du gouvernement. Point de révélations tonitruantes, point d’insinuations équivoques dans ce roman. Certes, le paysage politique (un Président qui entretient des rapports plus qu’étroits avec la presse, qui pratique une ouverture calculée avec le camps adverse laminé après la défaite de son « héroïne »…) rappellent évidemment un autre contexte..

Mais ici les personnages principaux sont tous des « second couteaux » moins connus du grand public , le reste n’est qu’ombre furtivement évoquée de temps en temps.

Ici, les chefs de cabinet rêvent de devenir directeurs de cabinet, les parlementaires s’allient pour mieux se trahir ensuite, on se jauge à la voiture de fonction, à la surface de son bureau, à son revêtement de sol (moquette ou pas moquette, là est toute la question !), on rêve d’avoir « l’interministériel » sur son poste de téléphone…

C’est cet univers là que dessine Jean-Louis Debré. Avec lucidité, intelligence et distance, mais jamais d’amertume ni de réquisitoire. Et c’est ce que j’ai apprécié dans ce livre.

La description d’un milieu régi par les ambitions personnelles, les délations calculatrices, les ragots, les cancans qui se colportent cupidement, les complots qui se fomentent. On n’est plus à l’Assemblée, on est à la Cour du Roi.

Quant à l’intrigue, elle se laisse lire. J’avoue ne pas m’y être beaucoup laissée prendre. J’ai préféré m’intéresser au parcours de cette jeune Secrétaire d’Etat qui va se laisser véroler par un système dont on s’extirpe trop difficilement pour rester en paix avec sa conscience («… faire de la politique, cela veut surtout dire exister, attirer l’attention des commentateurs. S’imposer dans le monde politique, c’est être cité ou répondre aux questions des journalistes dans les émissions du matin, à RTL, par exemple ; c’est bénéficier d’un accès facile à la télévision, avoir sa marionnette aux Guignols de Canal +… Je dois m’imposer dès maintenant dans le nouveau paysage politique, demain il sera trop tard : une nouvelle génération aura pris la place. » « J’ai un projet immédiat : publier un livre d’entretien avec un journaliste… J’ai tout préparé, les questions, les réponses… Marie nous dénichera un journaliste pour coller son nom à la couverture. »), et surtout à celui d’Olivier, professeur de français devenu rédacteur de discours puis chef de cabinet, qui se laissera bien malgré lui entraîner dans un milieu inique et sans morale

Commentaires

Je vais surement le commencer aujourd'hui ou demain, donc je ne lis pas ton billet et y reviendrais après ma lecture !

Ecrit par : Caro[line] | 25.02.2008

je ne connaissais pas, c'est tentant

Ecrit par : goelen | 25.02.2008

Je ne suis pas certaine si les politicailleries sont pour moi! Mais après ton billet, je suis quand même tentée... je note tout de même sur ma peut-être liste!

Ecrit par : Karine | 25.02.2008

@caro[line] : OK, enjoy !
@ goelen : c'est pas mal, intéressant tout au moins...
@karine : tu sais, je ne pense pas qu'il paraisse au Quebec (quoique ?)

Ecrit par : amanda | 25.02.2008

Il doit fichtrement s'emmerdifier à la tête du Conseil constitutionnel, le gars Debré. D'ici à ce qu'il nous ponde un conte pour enfant : la Fée Carla au Pays du tout (tout) (tout) petit Nicolas. J'suis déjà (très) impatient.

Ecrit par : LVE | 25.02.2008

@LVE : faut bien meubler le temps...;-)

Ecrit par : amanda | 25.02.2008

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