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18.02.2008
LE BROCART – MIYAMOTO TERU
Arima Yasuaki et Katsunuma Aki ont été mariés. Ils ont divorcé suite au suicide de la maîtresse d’Arima Yasuaki.
Depuis, 10 ans ont passé. L’un et l’autre ont refait leur vie. Katsunama Aki s’est remariée et est mère d’un petit garçon handicapé. Ils se rencontrent par hasard, dans une télécabine du Mont Zâo. L’un et l’autre échangent quelques mots et se séparent, chacun sur son chemin.
Mais cette rencontre a réveillé le passé et Katsunama Aki écrit à Arima Yasuaki.
Ce lent roman épistolaire est joliment bien écrit. Chacun évoque tour à tour sa vie, les circonstances et les errements de leurs destins respectifs. Chacun revient sur leur rencontre, la fameuse nuit où l’adultère a été découvert, les chemins qui ont été les leurs depuis.
Chaque lettre est un long regard posé avec nostalgie sur une vie qui aurait pu être différente. Le rythme est lent, aussi lent que les pas des deux personnages sur les routes qu’ils ont suivies. Dix ans après ces deux êtres confondent leurs tristesses, leurs amertumes avec pudeur et respect. Le vouvoiement confère à leur correspondance une harmonie, une distance mêlées de respect et d’admiration.
Un joli roman, pour qui aime les longs et lents échanges ; pour qui aime deviner au travers des mots les sentiments, les regrets, les espoirs ; pour qui aime la nostalgie, l’amour qui subsiste malgré les blessures et qui se devine, caché derrière chaque phrase et chaque virgule. Michel titrait son billet sur ce livre avec "Agréable désuétude", ce titre reflète fidèlement l'atmosphère de ce roman.
« Le patron me demanda en souriant de lui expliquer comment j’avais compris ce miracle humain qu’était Mozart… Moi, qui venais tout juste d’aborder Mozart, je me sentais totalement incapable d’exprimer cela avec des mots…Pourtant, pressée par l’éclat tellement sérieux de ses yeux, j’arrivai à dire, sans même l’avoir voulu : « Etre vivant et être mort, c’est peut-être la même chose, voilà ce qu’il m’a semblé trouver exprimer d’énorme et d’étrange dans la magnifique musique de Mozart » Ce que j’avais voulu dire, c’est que si Mozart était un miracle humain, c’est parce qu’il avait réussi à faire éprouver aux hommes cette coexistence de la peine et de la joie sans utiliser les mots, par le biais d’une musique exquise, inexplicable verbalement, et qu’il y était parvenue avec une aisance inouïe, et de surcroît en rendant les gens heureux ».
L’avis de Michel.
Et, puisque l’on parle de romans épistolaires, je vais évoquer brièvement une magnifique pièce de théâtre « Love letters » de A.R. Gurney.
J’ai vu cette pièce deux fois. La première, il y a…. fort longtemps, était jouée par Anouck Aimée et Bruno Cremer. La deuxième fois, il y a deux ans, Anouk Aimée avait repris le rôle féminin, tandis que Jacques Weber remplaçait Philippe Noiret, disparu peu auparavant.
Cette pièce reprend simplement la correspondance entre deux amis d’enfance. La première lettre est un carton d’invitation à un anniversaire. L’un et l’autre continueront de s’écrire leur vie durant, chacun poursuivant son destin, se racontant, s’aimant, se moquant, se chicanant, cherchant toujours à maintenir ce lien parfois ténu, parfois puissant et tellement complexe qui les unit. Ils se retrouveront quelques années pour vivre une aventure passionnée, se séparer, continuer à s’écrire jusqu’à la mort. Une pièce magnifique.
06:45 Publié dans *Litterature japonaise* | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
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Commentaires
de mon côté tu me donnes envie de voir cette pièce!
Écrit par : Emeraude | 18.02.2008
Répondre à ce commentaireJ'aime beaucoup les romans épistolaires. celui-là je l'avais noté il y a longtemps et je ne m'en souvenais plus.
Écrit par : Anne | 18.02.2008
Répondre à ce commentaireJ'ai noté la pièce dont tu parles! Quant au roman, je l'avais noté chez Michel. Quand je filerai moins "étoile filante", je pourrai m'y mettre!
Écrit par : Karine | 18.02.2008
Répondre à ce commentaireDepuis ce matin, je me triturais les méninges pour me rappeller d'où j'avais noté ce titre, et je viens de trouver ma réponse dans l'un de mes vieux petits carnets que je trimballe avec mes livres! C'est dans un roman que j'avais beaucoup aimé "L" d'Isabelle Sorente: l'un des personnages citait ce roman comme son favori. Ouf, je vais pouvoir dormir tranquille ce soir ;-)
Écrit par : Anne | 18.02.2008
Répondre à ce commentaireAmanda, bien sur que je connais la trilogie de Marie Laberge! Je l'ai lue à sa sortie et je crois que j'en parle sur mon blog (billet différé donc, plus ou moins "sur le moment". J'ai beaucoup aimé. Le tome que j'ai préféré a été le 2e! Les livres ont entre 600 et 800 pages chacun.
Écrit par : Karine | 18.02.2008
Répondre à ce commentaireJ'aime beaucoup également les romans épistolaires et celui-ci me semble empreint de poésie !
Écrit par : Florinette | 19.02.2008
Répondre à ce commentaireRavi que ce livre t'ai plu, de l'anti Khadra ?!
La pureté des sentiments et la recherche d'une vérité
@Anne
Bonne nuit
Écrit par : Michel | 19.02.2008
Répondre à ce commentaireJe découvre ton blog et je me permets de mettre un tout petit commentaire sur ce message déjà ancien.
J'ai beaucoup aimé ce livre. Le style, l'histoire, tout était intéressant.
Écrit par : Naina | 03.04.2008
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Écrit par : fashion victim | 18.02.2008
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