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11.01.2008

REVE D’AMOUR – LAURENCE TARDIEU

b0924a3177c5eea2392153cd2d8e7f50.jpgAlice avait cinq ans quand elle a perdu sa mère. Elle n’a aucun souvenir, juste une vague image, une silhouette floue, une ombre bleue. Son père a brûlé toutes les photos. Son père ne lui a même pas dit que sa mère était morte. Alice l’a attendue, attendue, sans jamais poser de question à son père. Ils ont continué à vivre, dans le silence, sans parler, ni d’eux, ni d’elle. Alice a bien fini par comprendre que sa mère était morte. Mais elle n’a rien dit.

 

Alice a trente ans quand son père meurt à son tour. Ils ne se seront jamais parlé, ou à peine, de temps en temps, en faisant semblant de s’écouter, en s'aimant silencieusement, comme si les mots pouvaient briser ce lien ténu, fragile qui subsistait malgré l'absence. Mais au moment de mourir, il lui lâche, dans un souffle, que sa mère a aimé un autre homme, Emmanuel Basini, un peintre.

 

Alice décide de trouver cet homme. A travers lui, elle espère trouver sa mère. Savoir qui cette femme était. Comment elle était. Quelle était sa vie. Parce que si son père n'en a jamais parlé, peut-être que lui, l'autre, pourra le faire ?

 

Après le deuil de l’enfant, que Laurence Tardieu a magnifiquement évoqué dans « Puisque rien ne dure », voici le roman du deuil des parents. La question n’est plus de survivre à l’enfant, mais de continuer à vivre sans parents. Ou de vivre tout court sans parent. Sans mémoire, sans image à laquelle se raccrocher, sans souvenir dans lequel on peut se blottir, se réfugier, sans référence pour se construire.

 

La beauté des phrases est toujours là, délicate, légère, douce, tellement émouvante. Peut-être un peu trop d’interrogations ? Trop de paragraphes composés uniquement de courtes questions, qui se succèdent, se prolongent, s’ajoutent les unes aux autres, sans fin ? C’est là le seul bémol que je mettrai à cette lecture, qui m’a moins touchée, dévastée, que « Puisque rien ne dure ». Question d’identification sans doute.

 

Mais je reste convaincue que Laurence Tardieu est une auteure douée, dont les mots, les phrases ont le don d’emmener ses lecteurs dans un très beau voyage, souvent douloureux mais toujours bouleversant.

 

L’avis de Laure.

Commentaires

"Puisque rien ne dure" était tellement fort, qu'il devait être difficile de ne pas voir un tout petit bémol dans le suivant de L.Tardieu ;-)

Ecrit par : Anne | 11.01.2008

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J'ai très envie de lire ce livre, j'ai eu un très gros coup de coeur pour "puisque rien ne dure". J'ai très envie de découvrir les autres livres de Laurence Tardieu. Dis, tu l'as celui-là ? Je pourrais te l'emprunter éventuellement ?

Ecrit par : Emeraude | 11.01.2008

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Au départ, toutes ces questions sans réponses, enfilées les unes aux autres, ce procédé m'a un tout petit peu agacée, et puis il participe vraiment de la quête du personnage, de son désarroi, de son besoin viscéral de savoir, alors au final, j'ai aimé... J'aime vraiment son écriture, qui touche toujours, sur des romans très différents....

Ecrit par : Laure | 11.01.2008

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@ tu as raison...."Puisque rien ne dure", c'était difficile de replonger avec autant de désespoir dans un roman! Mais peut-être réagissons nous en tant que mères ?
@emeraude : oui, je l'ai, et je le le prête!
@laure : oui, son style est extrêment touchant, on le lit presque en apnée...

Ecrit par : amanda | 11.01.2008

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Merci pour le prêt Amanda ! C'est vrai que j'ai eu beaucoup de mal à lire après "puisque rien ne dure" (d'ailleurs je n'avais que moyennement aimé la lecture suivante) mais je ne peux pas dire que je réagis en tant que mère...
N'étant pas encore maman ! Je peux essayer de me projeter (comme je l'ai dit dans mon billet il me semble, une amie très proche de ma famille avait perdue une de ses filles) mais c'est tout. Imaginer, peut être, mais comprendre sûrement pas.
Ca doit forcément être différent quand on est déjà maman !

Ecrit par : Emeraude | 11.01.2008

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Merci pour le prêt Amanda ! C'est vrai que j'ai eu beaucoup de mal à lire après "puisque rien ne dure" (d'ailleurs je n'avais que moyennement aimé la lecture suivante) mais je ne peux pas dire que je réagis en tant que mère...
N'étant pas encore maman ! Je peux essayer de me projeter (comme je l'ai dit dans mon billet il me semble, une amie très proche de ma famille avait perdue une de ses filles) mais c'est tout. Imaginer, peut être, mais comprendre sûrement pas.
Ca doit forcément être différent quand on est déjà maman !

Ecrit par : Emeraude | 11.01.2008

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"Puisque rien ne dure" a été un moment de lecture très fort. Quelle auteure ! Celui là est dans la prochaine commande de la bibliothèque donc je patiente...

Ecrit par : Flo | 11.01.2008

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J'avais déjà noté "Puisque rien ne dure" et maintenant, je note celui-ci. Je ne connais pas du tout l'auteure mais il me tarde de la découvrir!

Ecrit par : Karine | 11.01.2008

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Pfiou, je le surligne...

Ecrit par : lily | 12.01.2008

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@emeraude : et comment...
@flo : j'espère que tu aimeras
@karine : LT écrit vraiment bien, voir commentaire à Flo!
@lily : surligne, surligne!

Ecrit par : amanda | 12.01.2008

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Je crois qu'il faut que je lise un roman de Laurence Tardieu !!! Je pense que je vais commencer avec "Puisque rien ne dure" puisqu'il est sorti en poche. :-)

Ecrit par : Caro[line] | 14.01.2008

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J'ai aussi beaucoup aimé puisque rien ne dure, alors celui là me tente aussi.

Ecrit par : sylvie | 14.01.2008

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Puisque rien ne dure fut une des mes belles lectures de 2007 !

Ecrit par : anjelica | 14.01.2008

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C'est vrai que puisque rien ne dure était particulièrement poignant. Mais celui là m'a aussi émue. Le deuil des parents a quelque chose de moins impossible que le deuil de l'enfant. Mais dans cette histoire là particulière, le deuil des parents s'avéraient aussi impossible. Le tour de force de Laurence Tardieu, c'est de nous raconter des histoires de deuil impossible qui finissent malgré tout par le devenir. Le chemin emprunté est toujours fort interessant, étonnant, et nous laisse terminer notre lecture sur une note d'espoir.

Ecrit par : sylvie | 26.02.2008

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@ caro : lis les tous!
@anjelica : oh oui!
@sylvie : c'est troublant d'ailleurs ce rapport avec le deuil. L'enfant, puis les parents... pour Reve d'amour, l'impossibilité du deuil tenait aussi du contexte, sans doute (mort jamais annoncée). Ceci dit pour Puisque rien ne dure c'est aussi un peu le cas...

Ecrit par : amanda | 26.02.2008

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