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29.11.2007
THALASSO – AMANDA STHERS
Un centre de Thalasso, une salle d’attente, des personnages qui se croisent et se racontent. Jean est un auteur psychanalyste. Incapable de choisir sa vie et d’assumer ses responsabilités, il vit au jour le jour et se laisse porter par la vie, ballotté entre cynisme et indifférence.
Aristide souffre d’un cancer du poumon et attend la fin de sa vie, il est sardonique, désabusé et amer.
Alexa, l’ex-fiancée de Jean, se repose en thalasso avant son mariage.
Gérard et Josiane ont gagné cette cure en participant à un concours. C’est la première fois qu’ils vont en thalassothérapie.
Ces cinq personnages vont se rencontrer dans la salle d’attente.
Jean est venu secrètement pour reconquérir Alexa qu’il a quittée six ans auparavant. Elle a refait sa vie et projette de se marier. Aristide erre dans le centre et propose à Jean d’épouser sa femme une fois qu’il sera parti d’ici-bas. Quant à Gérard et Josiane, naïfs et provinciaux, ils découvrent avec stupeur un milieu qu’ils ne fréquentent pas et s'offrent le temps d'un week end une vie à laquelle ils ne peuvent prétendre.
Les dialogues sont mordants (« Vous êtes suivi par qui ?.. Par ma femme, comme un clebs depuis vingt ans » « Et vous trouvez que les imbéciles sont toujours heureux ? Vous me trouvez bête, c’est ça ? Non, je vous trouve heureuse » « Votre mari, il est dans quoi ? Essentiellement dans la merde »), mais sous les piques et l’acidité des répliques se cachent le désabusement, l’errance de personnages en quête d’une vie différente et d’apaisement. Ils sont tous fatigués de vivre en faisant semblant d’être heureux, las de courir après un bonheur qu’ils jugent inaccessible (« Je suis forte au début, en coups de foudre… Même pour la cuisine, je ne sais faire que des entrées. Je voudrais bien prendre du dessert. Même une fois, juste une fois. Un goût présent mais jamais pesant. Un dessert caressant, aimant, passionné… qui ne me laisserait pas le quitter.. ».
Chacun oublie sa vie le temps d'une cure ; l’intimité d’une salle d’attente, leur mise à nu (ils ne portent qu’un peignoir) les incitent à la réflexion et aux confidences nonobstant les statuts sociaux et les différences. Certaines répliques sont d’une grâce subtile et pudique (« Et viendra même un jour où elle se réveillera sans penser à moi. Et puis une journée tout entière sans avoir de la peine, sans prononcer mon nom dans sa mémoire. Et le chagrin passera, je resterai des souvenirs en photo dans les albums. Parfois elles parleront de moi avec ma fille ; elles se souviendront de mes manies, de mon dégoût pour les sardines ; ça les fera rigoler comme on rit d’un vieil oncle asexué ») et révèlent derrière les dialogues acerbes une réflexion plus profonde sur la mort et le sens que l’on veut donner à sa vie.
Ce qui est surprenant, au théâtre, c’est que le spectateur (ou lecteur) est l’observateur invisible et silencieux d’un pan de vie, d’un moment de grâce où les personnages se mettent à nu et dévoilent leurs peines, leurs nostalgies, leurs désirs… Et puis la pièce se termine et chacun repart de son coté. Le spectateur/lecteur retourne à sa vie tandis que les personnages continuent leur errance, tout en restant un peu dans l’esprit du spectateur, comme un ami imperceptible qui les a fait rêver, ou réfléchir, mais en tous cas continue à les accompagner secrètement.
Thalasso se termine ainsi. Aristide, Jean, Alexa, Gérard et Josiane continuent leur chemin, et laissent le spectateur/lecteur imaginer leur vie, après leur avoir dévoilé un peu de leur intimité.
J'ai acheté la pièce dimanche lors de notre visite à la Fête du Livre du Figaro. Caro[line] et moi avons abordé Amanda Sthers est une jeune femme belle, abordable et d'une grande simplicité. La pièce est jouée en ce moment même au théâtre Hébertot à Paris.
09:01 Publié dans *Au théâtre ce soir* | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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Commentaires
C'est bien d'avoir réussi à acheter le texte de la pièce, ce n'est pas toujours évident. J'ai "couru" pendant des années après "Cuisine et dépendances": c'est un copain comédien qui a fini par me le trouver.
Potin people: c'est pas la femme de P.Bruel?
Écrit par : Anne | 29.11.2007
Répondre à ce commentaireOk, je tâcherai d'y penser ! :-)
(Et aussi la commande D.F.)
Écrit par : Caro[line] | 29.11.2007
Répondre à ce commentaireJe n'ai jamais réussi à lire des pièces de théâtre ! Mais tu vois, j'ai lu ton post !
J'ai commencé Millénium 2 et ça commence fort dis donc ! Je me plongerai dans la lecture de ton billet quand je l'aurai fini... dans quelques jours ;-)
Écrit par : Emeraude | 29.11.2007
Répondre à ce commentaireJ'aime bien lire du théâtre mais je crois que c'est le genre de pièce que je préfèrerais voir... si un jour elle passe dans mon coin! :)
Écrit par : Karine | 29.11.2007
Répondre à ce commentaireIl va falloir que je découvre cette auteure mais comme je suis snob... :)
Écrit par : cathulu | 30.11.2007
Répondre à ce commentaireJe préfère voir une pièce de théâtre que la lire ... malheureusement, ce sera râpé pour celle-ci, à moins d'un passage en province !
Écrit par : Joelle | 30.11.2007
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Je suis en train de lire "Chicken Street" d'Amanda Sthers (acheté aussi à la Fête du Livre du Figaro Magazine) et c'est une belle (et triste) histoire qu'elle nous raconte. J'aime beaucoup la construction mais j'en parlerai bientôt sur mon blog (faut d'abord que je le termine !).
Et je confirme qu'Amanda Sthers est très "belle, abordable et d'une grande simplicité" ! Je vais surement aller lui faire un coucou samedi à Sciences-Po. :-)
Écrit par : Caro[line] | 29.11.2007
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