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25.10.2007

Perette, ça KARToon

9db30318ce26e094aada497a278445a6.jpg Lors d’un séminaire commercial organisé haut la main par Perette, les participants se virent conviés à participer à une activité Team Building, activité consacrée à une compétition de kart.

Les 50 participants étaient séparés en trois groupes de niveaux différents : les très bons, les juste en dessous et pour finir les moins habitués (bel euphémisme pour qualifier les pros, les bof et les nuls, mais, séminaire commercial incentive oblige, Perette s’était sentit obligée d’user de qualificatifs plus diplomates).

Une fois les groupes constitués, Perette s’aperçut non sans déplaisir que le groupe 3 ne regroupait que des filles, les deux autres groupes trustant la gente masculine surreprésentée dans cette société purement industrielle.

Inutile de préciser les railleries, les sarcasmes et les quolibets dont furent affligées les 15 jeunes et jolies damoiselles qui décidèrent illico de prouver à ces coqs arrogants que fille ne rime pas forcément avec bille et qu’il faut vraiment se méfier des femmes au volant.c0ea531858fff67a9eff8511ce08b8df.jpg

Perette, en organisatrice modèle, se dévoua la première et chercha une combinaison à sa taille. Elle fouilla, essaya, enleva, réenfila, malheureusement aucune de ces adorables combinaisons rouge fraise ne lui allait, faute de taille enfant.

Tant pis, elle courrait comme elle était, et tant mieux si elle ne ressemblait pas à un nain déguisé en bonhomme Michelin trempé dans une marmite de grenadine. Les filles se mirent donc en ligne, attendant qu’on leur attribue un kart.

Perette discuta avec sa voisine, qui lui  avoua être probablement la seule personne en France, voire dans le monde et peut-être même dans l’univers, a avoir réussi à retourner sa voiture et terminer sur le toit alors qu’elle roulait à 30 km/heure en sortant de chez elle. Et que son voisin s’en souvenait encore, surtout puisqu’elle portait une jupe ce jour là.

Perette, n’ayant jamais subi telle mésaventure et se sentit rassurée quant à ses propres facultés.

Le gentil directeur de circuit (qui par ailleurs était tout à fait charmant) étudia Perette et lui tendit un objet en polystyrène noir, de forme concave, objet que fixa Perette d’un air perplexe.

Le gentil directeur de circuit lui expliqua que l’objet en question lui serait fort utile, voire indispensable, puisqu’il s’agissait d’un réhausseur, et que sans cela elle avait peu de chances d’atteindre les pédales.

Perette prit l’objet, les joues aussi rouges que les combinaisons de ses compagnes, enfila son casque et se promit de gagner cette course, foi de petite, ou tout au moins d’y obtenir un résultat acceptable.

Une fois le signal donné, Perette se lança dans l’aventure, et accéléra gaiement dès la première ligne droite. Le premier tour se déroula sans difficulté majeure. Puis, après le deuxième virage compliqué, elle essaya de doubler une concurrente. Elle déporta son kart à gauche mais l’adversaire lutta et la serra de près. Perette appuya sur le frein.

Perette avait oublié la règle n°1 : ne jamais appuyer sur le frein sans avoir lâché l’accélérateur. Perette fit donc son premier tête à queue. Elle tourna sur elle-même, sa tête et son petit cerveau tournaient aussi d'ailleurs. Enfin elle stoppa, reprit son souffle et repartit, décidée à rattraper son retard.

Pour s’apercevoir très vite qu’elle roulait à contresens.

Elle s’arrêta (en ayant pris soin de lâcher l’autre pédale cette fois ci), fit demi tour et repartit.

Elle découvrit alors une multitude de sensations aussi fébriles que fiévreuses dans les lignes droites où elle gagnait de la vitesse, aussi tournoyantes qu’étourdissantes quand elle faisait des têtes à queue virevoltants, aussi glaçantes que pétrifiantes quand elle doublait ses comparses ou se faisait dépasser à son tour (ce qui arriva plus souvent que le contraire, en fait).

A la fin de la course, Perette sortit du kart, les jambes en coton et les bras engourdis.

Elle marchait avec difficulté, ne sentant plus ses orteils. La température avoisinait les 5°, la nuit tombait, le vent soufflait, et Perette avait froid.

Le gentil directeur de circuit fit remarquer à Perette que ses ballerines ne la protégeaient en rien du froid, surtout pendant une course en extérieur.

Perette rétorqua que ses ballerines étaient des Repetto, donc des chaussures de sport puisque la danse est un sport et que d’ailleurs elles chaussaient joliment ses petits petons et c'était là l'essentiel, non ? Et que de toute façon, elle n’avait que ça ou une paire de bottes à talons hauts et qu’entre deux maux il faut choisir le moindre.

Au final, Perette termina 9ème, classement fort honorable pour une novice, vous en conviendrez.

Les commerciaux des équipes précédentes ironisaient sur les temps de leurs collègues féminines, comptant le nombre de sorties de pistes et de têtes à queue, calculant les trajectoires bizarroïdes voire totalement loufoques dont ils avaient été les témoins enjoués, bombant tous le torse et totalement hilares.

Perette demanda alors au gentil directeur de circuit, un ancien champion de course, de faire une démonstration à ces messieurs. Le très charmant jeune homme sortit son kart et s’apprêtât à démarrer quand Perette constata avec surprise qu’il avait discrètement glissé le bel objet noir et concave derrière son dos ! 

Lorsque Perette regagna son hôtel, pressée d’enfiler des chaussettes et de boire un bon thé chaud, elle se dit que, même petit, on peut faire des grandes choses, et rien ne sert de courir, il faut partir à point !

Commentaires

Ah, j'ai bien ri, Perrette !

Ecrit par : cathulu | 25.10.2007

Merci Perette pour ce bon moment ! :-)

Ecrit par : Caro[line] | 25.10.2007

Hihihi, merci beaucoup Perette !! :-))

Ecrit par : Florinette | 25.10.2007

Ah génial cet article, foi de petite !!!! ;-)

Ecrit par : Emeraude | 25.10.2007

Ah oui oui moi aussi, je glousse toute seule devant mon ordi :))
Ps pour les Repetto, BRAVO !!! et qu'importe le froid ! (non mais...)

Ecrit par : lily | 26.10.2007

Je ne résiste pas : femme au volant, mort au tournant... Mais je regrette que tu aies tué le si chouette message sur la hauteur des chaussures ! Mais j'adore celui-là aussi.
Kenavo

Ecrit par : Spencer | 26.10.2007

:))

Ecrit par : Stéphanie | 27.10.2007

à tous : merci, mais je vous rassure : au volant (le vrai) je suis une super pro !

Spencer : j'ai tué les critiques de livres mais les billets sur les chaussures ! ah ah, peut être reviendront ils ici un jour !

Ecrit par : amanda | 27.10.2007

la fin de la fable me semble assez raisonnable!!! ;o)

Ecrit par : lamousmé | 27.10.2007

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