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28.09.2007

Perette et le cierge pascal

959568f63badcaa61406ded62e385425.jpgDimanche dernier, Perette, légère et court vêtue, se rendit à un baptême.

Perette était heureuse d’assister au baptême de son filleul âgé de 3 ans.

Quand Perette arriva chez les parents du petit garçon, elle voulut embrasser son filleul. Le rejeton poussa un hurlement strident, parce qu’il ne voulait pas aller au baptême, ne voulait pas qu’on lui mouille les cheveux, ne voulait pas mettre sa chemise blanche beurkebeurk. Le garçonnet menaçait en criant de crier pendant toute la cérémonie, et même avant et même après et même toute la journée, na.

Perette eu, un court instant, envie de le plonger immédiatement non pas dans les fonds baptismaux mais dans la baignoire qu’elle aurait préalablement remplie d’eau glacée. Elle pensa même à la soude caustique ou l’huile bouillante mais renonça pour cause de sentiments fort peu chrétiens. Peu fière de ses pensées indignes d’une marraine aimante, elle laissa le garnement aux bons soins de sa mère et se rendit à l’église.

Une fois l’assemblée en place et les récipiendaires du sacrement sagement assis (Perette soupçonna la mère du petit gars  de lui avoir fait ingérer deux valiums en douce avant de partir), le prêtre commença la cérémonie, qui fut par ailleurs fort jolie.

Quand l’heure fut arrivée de procéder au sacrement, le prêtre demanda à l’un des parrains ou marraines d’allumer le cierge baptismal au flambeau pascal, flambeau d’une hauteur toute cathédralistique. L’honneur en revint à Perette qui prit le cierge et leva le bras pour atteindre le feu divin.

C’était oublier que Perette est à peine plus haute que son filleul (là, je concède une légère exagération toute marseillaise).

Perette se hissa sur la pointe des pieds.

Rien à faire.

Perette leva le bras encore plus haut, plongeant la mèche et tatonnant à l’aveugle à la recherche de la flamme qu’elle apercevait à travers le cierge translucide.

Elle avait beau remuer et tourner son cierge à la recherche de l’étincelle libératrice, rien ne vint. Pourtant, Perette avait atteint le taux d’étirement maximum qu'une marraine en escarpins, jupe et chemisier peut espérer. Elle pensa à son ostéopathe, se demandant si, finalement, il méritait l’argent qu’elle lui laissait puisque qu’elle arrivait au même résultat, sans bourse délier et bénédiction en sus.

Au bout d’un moment qui sembla à Perette aussi long que son oral de mathématiques, quand, jeune lycéenne, elle considérait les mathématiques comme une insulte personnelle, le prêtre suggéra au parrain d’aider la marraine.

Notons que parrain et marraine avaient fait connaissance le matin même, devant l’église.

Le parrain se glissa derrière Perette et lui demanda à l’oreille combien elle pesait.

Prise d’une terreur sans nom, Perette imagina immédiatement l’inconnu la soulevant telle une poupée de cire.

Elle s’imaginait happée par une force non plus divine mais animale, ses pieds joliment chaussés battant l’air et sa jupe raccourcie par une force d’attraction qui n’aurait de divin que le but ultime de la manœuvre.

Perette se demanda pourquoi, 3 ans auparavant, elle avait accepté la lourde responsabilité d’être marraine et envisagea même de renoncer publiquement à la chose,  là, sur le fait.

Finalement le parrain, fier de sa plaisanterie, fut chevaleresque et lui prit gentiment le cierge des mains et l’alluma lui-même,  gratifiant Perette au passage d’un clin d’œil amusé.

Au cours du repas qui suivit, Perette sympathisa avec le parrain de son filleul. Ledit filleul, en ouvrant ses cadeaux et découvrant les livres que sa marraine lui avait achetés les jeta sur le canapé en demandant à quoi ça servirait.

Perette se consola en se gavant de choux à la crème et de dragées.

Moralité : mieux vaut offrir une voiture télécommandée que courir le risque de s’empâter. Et mettre des talons hauts pour se rendre à un baptême.

Commentaires

ah ah je ris !
tu n'avais pas mis des 9cm de talon ? mais je ne suis pas sure que tu aurais pu l'allumer meme sur 9cm!

Ecrit par : annej | 28.09.2007

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J'en rigole encore! Heureusement que je ne risque rien de ce côté! D'ici queje sois marraine, j'aurais eu le temps d efuire loin, trèèès loin!

Ecrit par : chiffonnette | 28.09.2007

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merci pour ce premier éclat de rire de la journée :)
avec un tel humour, le parrain gagne à être connu!

Ecrit par : Stéphanie | 29.09.2007

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* annej : non j'étais seulement perchée sur 5cm ! Et oui, même 9cm n'auraient pas suffit !
* chiffonnette : à part ses caprices, mon filleul est gentil... mais parfois j'ai envie d'étrangler sa mère. Un jour, à la maison, alors qu'il hurlait parce que son repas n'arrivait pas assez vite, sa mère s'est excusée en bafouilant auprès de lui en lui promettant de faire tout son possible pour se dépêcher... moi, j'avais envie de lui renverser la casserole sur la tête !
* stéphanie : je confirme, le parrain est trés drôle, est trés gentil !

Ecrit par : amanda | 29.09.2007

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Excellent, rafraîchissant et drôle :)
Pôv Perette !

Ecrit par : bon_sens | 30.09.2007

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C'est très drôle! Et le parrain, en plus d'être sympa et d'avoir le sens de l'humour, il est beau ? :)))

Ecrit par : fashion victim | 30.09.2007

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* Bon sens : merci, j'apprécie !
* Fashion : non, le parrain n'est pas beau à franchement parler. Pas moche non plus. Disons qu'il a une "gueule" : au théâtre on dirait qu'il a une bonne tête de tueur ou de malfrat. Mais ses yeux sont vifs, ça rattrape beaucoup !Mieux vaut être banal et avoir l'oeil vif que beau et le regard torve, n'est ce pas ?

Ecrit par : amanda | 01.10.2007

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Absolument ! :))

Ecrit par : fashion victim | 01.10.2007

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