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18.09.2007
Le dieu du carnage - Yasmina Reza
Un appartement confortable. Michel et Véronique Houillié reçoivent Annette et Alain Reille. Dans une vulgaire bagarre d’écoliers, le fils des Reille a attaqué celui des Houillié et lui a cassé deux dents. Leurs parents se rencontrent pour régler le litige à l’amiable, entre adultes civilisés.
Le point de départ de cette pièce est tout à fait banal. Cette histoire peut arriver à tout le monde et c’est bien là un des premiers talents de Yasmina Reza. Des circonstances au départ purement anodines provoquent une répercussion immédiate sur le lecteur, l’emmenant dans une propre introspection quant à sa façon de réagir et d’appréhender pareille situation.
La rencontre qui se veut courtoise dégénère. Les deux couples bobos s’autoproclament conciliants et ouverts, mais très vite les masques vont tomber, de réflexions anodines en remarques perfides et assassines.
Alain Reille, l’avocat suffisant, reste pendu au téléphone et étale sans état d’âme ses petits arrangements avec l’éthique.
Véronique Houillié qui se veut pacificatrice-moralisatrice ne tarde pas à afficher mépris hautain et arrogance intellectuelle.
Annette Reille s’effondre sous le joug dominant de son mari et laisse éclater sa mélancolie et son amertume.
Michel Houillié, incapable de singer plus longtemps l’être conciliant que sa femme lui avait demandé de paraître, devient caractériel et intolérant.
Les personnages révèlent leur nature profonde (se la révèlent à eux même ?). La courtoisie de façade se disloque sous les mensonges et les non-dits, les frustrations explosent et la nature de chacun reprend violemment le dessus. La dispute des enfants n’est plus que le point de départ oublié d’une polémique houleuse sur la morale et l’éthique, sur la façon dont chacun des protagonistes (de nous ?) gère son propre rapport à la civilité et à la bienséance, son rapport à l’autre, à la famille.
L’apéritif banal se transforme en un huis-clos tendu, où la violence des propos, la tension oppressante de ces couples dont l’apparente harmonie se désagrège lentement nous embarquent dans un beau moment de théâtre.
La pièce de Yasmina n’a pas encore été montée à Paris. Il va donc falloir attendre pour s’en régaler (Yasmina si vous me lisez, je suis partante !).
En attendant, une pièce à lire avec jubilation.
15:30 Publié dans Au théâtre ce soir | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
Commentaires
Mince, je croyais que tu allais nous parler de Nicolas....
Oh je suis déçu ;-)
Ecrit par : Spencer | 20.09.2007
Répondre à ce commentairejamais lu cette auteure,il va falloir que je m'y mette ! mais je en commencerai pas par celui dont tout le monde parle dans les médias !
Ecrit par : cathulu | 22.09.2007
Répondre à ce commentairePour info, ma pièce se joue actuellement au théâtre Antoine à Paris, avec Isabelle Huppert notamment qui joue Véronique.
Je 'nai pas été extrèmement emballé par la mise en scène, mais il est vrai que le texte est pas mal.
Et comme Isabelle Huppert est mon JR, ça vaut forcèment le coup d'oeil ;-)
Ecrit par : Yohan | 20.02.2008
Répondre à ce commentaireCette pièce (lue seulement, pas vue au théâtre) m'a bien plu... mais pas autant que "Art", que je trouve géniale !
Ecrit par : Brize | 09.06.2008
Répondre à ce commentaireTu as réussi une critique plus complète que la mienne ! Si tu le permets, je te mets en lien !
Ecrit par : Turquoise | 25.08.2008
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Si tu dis que c'est bien...
C'est que ça doit l'être.
;)
Ecrit par : bon_sens | 19.09.2007
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